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L'épopée de la Crème de Cassis

L'EPOPEE DU KIR

En 1945, le Chanoine KIR devient maire de Dijon Pendant plus de vingt ans, cet ecclésiastique pittoresque, homme politique truculent, rabelaisien consacré, va faire connaître le blanc-cassis au monde entier, faisant sa continuelle promotion et finissant même par lui donner son nom. Mais au juste, qui est Félix Adrien KIR ?

Le Chanoine KIR (1876 – 1968)Dès 1924, il s'intéresse à la politique et s'initie à la contradiction oratoire dans laquelle il excellera en mettant régulièrement les rieurs dans sa poche : On lui demande du fond d'une salle, dans le brouhaha, pourquoi il n'est pas marié –lui qui parle de questions politiques et sociales : pour ne pas être cocu comme toi ! réplique-t-il. Devenu maire de Dijon après la période troublée de la seconde guerre mondiale, député de la Côte d'Or de 1945 à 1967, il sera doyen d'âge de l'Assemblée Nationale de 1953 à 1967.

Le procés KIRC’est vers 1950 que la presse commencera à utiliser le nom du Chanoine pour dénommer un vin blanc-cassis. Qui le premier en eût l’idée ? Sans doute des journalistes parisiens qui avaient remarqué l’habitude du Député maire de Dijon de réclamer sa boisson favorite au bar de l’Assemblée Nationale. Le Chanoine, « qui adopte volontiers les idées orphelines », a laissé faire et l’usage s’est répandu.

En 1951, le 20 novembre, le Chanoine écrit : « Je déclare donner en exclusivité à la maison LEJAY LAGOUTE le droit d’utiliser mon nom pour une réclame de cassis dans la forme qui lui plaît, et notamment pour désigner un vin blanc-cassis. ». Quatre mois plus tard, cette maison dépose la marque « Un kir » au Tribunal de Commerce de Dijon. Le 19 février 1955, le Chanoine élargit ses préférences et écrit à la société L’HÉRITIER GUYOT : « Bien entendu, je n’ai donné aucun monopole à personne pour la simple raison que je ne voudrais jamais établir une discrimination entre les fabricants de cassis qui, à mon avis, ont tous droit à la protection de la municipalité. C’est pourquoi vous avez toute latitude pour user de mon nom selon vos désirs ». Ces deux lettres contradictoires seront, trente ans plus tard, l’objet d’un très long procès.

De 1980 à 1992, se déroule le procès Kir qui oppose LEJAY LAGOUTE, détenteur de la marque « un Kir », à L’HÉRITIER GUYOT qui a ultérieurement déposé les marques « Kir premier », « Super kir » et « Hyper kir ». La procédure durera douze ans, 19 procès et coûtera 8 millions de francs pour se terminer en novembre 1992 par la victoire de LEJAY LAGOUTE. Et, bien qu’il soit présent dans le dictionnaire des noms communs depuis 1960, le nom du Chanoine deviendra, en 1992, une marque commerciale